C’était le soir d’un
dimanche.
La journée avait été
longue.
Ils étaient venus là
depuis 4 jours, 5 peut-être.
Ils étaient venus
parce qu’ils avaient
entendu parler d’événements
et ils voulaient en
être.
Et puis tout s’était
emballé.
Il y avait eu le
scandale sur la place
avec les étales
renversés, des gens frappés,
bousculades, mots forts.
Puis le soir du
jeudi, il y avait eu l’arrestation.
Et ce soir, ils
reprenaient la route,
le cœur lourd des événements.
Fallait-il craindre,
pleurer, fuir ?
Les mots étaient pénibles
et la route semblait
sans fin.
L’orage de l’après-midi
avait détrempé la terre.
Les pas se faisaient
de plus en plus pesants, fatigués.
Les mots échangés s’étaient
éteints
avec le soir venant.
Tristesse,
lassitude, découragement.
A un moment, ils
furent rejoints par un troisième.
Après quelques pas,
il les interrogeait
sur leur tristesse.
Et eux ne
comprenaient.
Lui aussi semblait
venir de la ville,
comment pouvait-il
ignorer les événements ?
Ils s’interrogeaient.
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