mai 20

lundi 27 juillet 2020

perdre, ne pas perdre 2

qu'est-ce que je ne tranche pas
à l'intérieur
qu'est-ce que je ne tranche pas
à l'extérieur
quelle bienveillance pour moi
quelle bienveillance pour les autres
Place au spirituel
la reliance avec soi
Comment me réconcilier 
avec ma reliance ? 
intellectuellement et aussi concrètement
de manière volontaire
avec un rythme tranquille
un peu tous les jours
comme le plaisir de faire du pain
me rappeler le spirituel
le mettre au centre
l'affirmer
sachant qu'il y aura opposition
j'ai donc trouvé la conciliation

perdre, ne pas perdre 1

Je ne peux perdre
que ce que je possède
que ce que j'ai

Avoir est posséder
je ne peux perdre que ce que j'ai 
j'ai peu me semble-t-il
mais je peux le perdre
simplement par usure
par maladresse aussi
Si je n'ai pas
je ne peux perdre
je ne peux perdre que ce que j'ai
bien sûr être bon intendant
et donc avoir ce qu'il faut
est nécessaire
Que faut-il en réalité
mener la vie au plus juste !
Il est nécessaire de mettre la confiance
au fort de la vie
confiance
non dans les hommes
et leur promesse d’un instant
mais en l'éternité qui ne varie
Dieu seul suffit
la confiance et l'espérance sont le chemin



fin de mois


le cœur sombre dans le souci
de la fin de mois
de la fin de semaine
bientôt du soir ou du matin
qui reviennent
l’avidité du corps à obscurci le cœur
j'ai le cœur oppressé
cela fait sombrer l'esprit
il est nécessaire de découvrir
l'horreur de la situation
c'est assez
cela ne peut plus durer
redressez le corps
chasser les idées noires
se tourner vers le ciel
pleurer son regret
espérer la rédemption de l'amour éternel

le bilan est facile
qu'est-ce qui est nécessaire
dans le nécessaire, indispensable
manger
boire
se vêtir
garder la santé
s'abriter
et puis ouvrir la relation

la solitude conseille mal
Ouvrir le cœur à l’amitié
il ne s'agit pas d'ascétisme
mais de détachement
à quoi bon posséder
si la mort nous surprend
qu’emmènerons-nous dans l'au-delà
ce qui a fait notre vie
les biens, ils sont intransportable
des gestes bons
n'est-il pas dit
« tu m'as vu assoiffé
et tu m'as donné à boire »
alors juste le nécessaire
et nos armoires en débordent
et notre monde croule
sous nos poubelles et nos désirs
alors changer
un peu à la fois
donner le surplus
juste un peu
et s'alléger
et alléger le cœur
ne serait-ce que faire semblant
comme si
c'est déjà faire



Les regrets en faire des merci
et faire semblant d'y croire
C'est déjà comme si c'était
et un peu à la fois cela s'éveille en nous

le monde tourne autour de moi
les pensées viennent aider
défilent
si on les invitait parfois
forçant le passage
parfois
je les regarde
je les accueille d'un sourire
et elles passent
parce que je les invite à passer
simple non
alors pourquoi ne pas faire cela
qu'est-ce qui m'en empêche
d'abord me mettre
au centre de mon monde
et regarder
de là
ce qui s'invite


samedi 25 juillet 2020

symbole de mémoire 2

A quelques distances, 
il y avait de la lumière,
une auberge.

Il les invita à s’y arrêter
pour prendre des forces
pour la suite du chemin.
« Aubergiste, du pain, du vin,
de quoi rassasier trois passants ! »
et la table fut dressée.

Ils parlaient encore de la journée.
Sans trop élever la voix,
on ne sait qui pouvait écouter.
L’aubergiste servit les hôtes, on le paya.
Alors le troisième,
celui qui avait rejoint les compagnons,
proposa un instant de calme,
il semblait prier.
Les deux suivaient son mouvement.
Il mit la coupe de vin entre eux trois,
il prit le pain et le partagea.
C’est alors qu’ils le virent vraiment.
Comment cela était-il possible ?
Ils l’avaient vu transpercer
dans l’après-midi du vendredi.



Et il avait disparu, là, à leurs yeux.

Prenant le pain, ils repartirent
aussi vite que leurs pas pouvaient,
vers la ville.

Ils devaient raconter tout cela !

lundi 20 juillet 2020

symbole de mémoire 1

C’était le soir d’un dimanche.
La journée avait été longue.
Ils étaient venus là depuis 4 jours, 5 peut-être.
Ils étaient venus
parce qu’ils avaient entendu parler d’événements
et ils voulaient en être.
Et puis tout s’était emballé.
Il y avait eu le scandale sur la place
avec les étales renversés, des gens frappés, 
bousculades, mots forts.
Puis le soir du jeudi, il y avait eu l’arrestation.
Et ce soir, ils reprenaient la route,
le cœur lourd des événements.
Fallait-il craindre, pleurer, fuir ?
Les mots étaient pénibles
et la route semblait sans fin. 
L’orage de l’après-midi avait détrempé la terre.
Les pas se faisaient de plus en plus pesants, fatigués.
Les mots échangés s’étaient éteints
avec le soir venant.
Tristesse, lassitude, découragement.
A un moment, ils furent rejoints par un troisième.
Après quelques pas, il les interrogeait
sur leur tristesse.
Et eux ne comprenaient.



Lui aussi semblait venir de la ville,
comment pouvait-il ignorer les événements ?
Ils s’interrogeaient.


dimanche 19 juillet 2020

mai 20, avant

Ici et maintenant.
Des mots s’inscrivent
de la pensée venus
ou peut être de plus loin.

Quand je les relirai,
j’en serai étonné.

Est-ce le même qui écrit
et qui vit chaque instant
avec moi ?
Est-ce un autre ?
Je suis celui qui écrit.
Pourtant l’Autre moi,
celui qui le lit,
en sera étonné.

Pourtant celui qui vit
tous les jours
semble
encore être autre !
Cela est-il possible ?
Cela porte un nom dans certains domaines
de l’étude de la psyché.
Parfois maladie, sérieuse.

C.G.  me dit alors :
« il t’est nécessaire de reconnaître
les parties de toi
que tu refuses ».
Et je l’ai fait.
J’ai fait ce chemin
de re connaissance.

CG, Claire, Yakob, Jean,
ils sont proche de ma surface.
Il fallait encore creuser,
plus loin.
D’abord les comprendre,
les accepter.
Les reconnaître,
les intégrer.
Viendraient les autres.
Certains m’ont dit qu’ils étaient 987.
A voir !
Et pour cela
il est nécessaire de faire un point
sur le passé
malgré que celui-ci ne reviendra
jamais
et qu’il est source de bien des regrets.





je n'irai pas à Compostelle

Partager ce parcours,
m’a semblé important
 

je l’ai laissé en « je »
 ainsi, quand tu le liras
 ce sera comme si c’était de toi
qu’il s’agit.

 Parfois la situation te sera étrangère,
 mais elle est en miroir
 de ce que tu vis ou a vécu.

Mon souhait est que ces pas
que j’ai faits
 et que je fais encore
 balisent le chemin de vie
 que tous
 à un moment ou un autre
 devons emprunter.

Alors rendez-vous à Compostelle,
 à Jérusalem
 ou ailleurs


 car il est bien rare
que deux chemins
 ne finissent par se croiser…

 Jean.